C'etoit un sort
grand talus qui venoit d'une face escarpee; j'y montai pour m'approcher
du rocher, et je remarquai, avec etonnement, des multitudes de paquets
enchevetres les uns dans les autres, sans ordre ni direction fixe; les
uns presqu'en rouleaux; les autres en zig-zag; et meme ce qui, separe de
la montagne, eut peu etre pris pour des _couches_, le trouvoit incline
de toute maniere dans cette meme face de rocher. _Non_, me dis-je alors
a moi-meme; _non, l'eau n'a pu faire cette montagne.... Ni celle-la
donc_, ajoutai-je en regardant ailleurs.... _Et pourquoi mieux celle-la?
Pourquoi toutes les montagnes devroient-elles etre le produit des eaux,
seulement parce qu'il y en a quelques-unes qui annoncent cette origine_?
En effet, puis qu'on n'a songe aux eaux, comme cause des montagnes,
que par les preuves evidentes que quelques-unes offroient de cette
formation; pourquoi etendre cette consequence a toutes, s'il y en
a beaucoup qui manquent de ces caracteres? C'est comme le dit Mr.
d'Alembert, qu'on generalise ses premieres remarques l'instant d'apres
qu'on ne remarquoit rien.
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